Le parquet de Marseille a requis mercredi la relaxe contre une professeur d'éducation physique d'un lycée de La Ciotat (Bouches-du-Rhône), poursuivie pour homicide involontaire apès la mort de l'un de ses élèves en avril 2004 des suites d'un accident pendant l'un de ses cours.
Le 9 mars 2002, Yohann François, élève de terminale au lycée Lumière, avait effectué un saut périlleux pendant un cours de gymnastique mais s'était mal réceptionné: au lieu de retomber sur les pieds, il avait atterri sur le menton, se brisant les vertèbres cervicales.
Resté paralysé, le jeune homme de 17 ans était mort deux ans plus tard, le 16 avril 2004, des suites de ses blessures. Ses parents ont porté plainte en octobre 2004.
Selon le témoignage des huit autres élèves présents au cours et de l'une des deux concierges du gymnase Virebelle, où s'était déroulé l'exercice, l'enseignante, Nicole Spacconi, 63 ans, s'était absentée pendant cinq à dix minutes, laps de temps au cours duquel l'accident s'était produit.
"Je ne me suis pas absentée, je me suis déplacée dans le gymnase", a maintenu à l'audience Mme Spacconi qui réfute avoir relâché sa surveillance.
L'enseignante, à la retraite depuis 2002, a souligné qu'elle avait interdit à ses élèves d'effectuer des sauts périlleux, ce qui a été confirmé par ses élèves dont elle était unanimement appréciée, a indiqué le tribunal. L'exercice, ce jour-là, consistait à effectuer une roulade après avoir pris une impulsion sur un trampoline. Mme Spacconi surveillait la course d'élan des adolescents tandis que des élèves assuraient la parade.
Pour Me Christophe Mamelli, avocat de la famille de la victime, le "dossier démontre que (Mme Spacconi) a laissé les élèves livrés à eux-mêmes", qu'elle a "violé l'obligation de sécurité" qui lui incombait.
Le procureur a estimé au contraire que la faute n'était pas caractèrisée et demandé la relaxe de la prévenue. Aux parents de Yohann François, il a expliqué que si "perdre un fils est une injustice (...) la cause première, déterminante, exclusive de ce qu'il est advenu, c'est ce saut périlleux qu'il a exécuté". "Votre enfant a décidé, de ses 17 ans, de prendre le risque de ce saut périlleux", a-t-il précisé.
"Le tribunal correctionnel c'est fait pour les voyous, les escrocs, les chauffards. Pourquoi vouloir pénaliser à tout prix un comportement involontaire ? Est-elle à sa place ici?", s'est interrogé pour sa part Me Bruno Lombard, l'avocat de l'enseignante.
Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 10 octobre.